« Écrire à dimension des montagnes, des papillons et des étoiles » d’Athane Adrahane

Foufou (1 sur 1)                                                                                 Photo : Athane Adrahane

 

Le texte « Écrire à dimension des montagnes, des papillons et des étoiles » est paru dans le dernier numéro de la revue internationale Crossways, intitulé Lieux d’enchantement : approches écocritiques et écopoét(h)iques des liens entre humains et non-humains, sous la direction de Margot Lauwers et Bénédicte Meillon. Vous y trouverez aussi des textes de Nathalie Blanc, Belinda Cannone, Davide Vago, Stéphanie Mousserin, Sylvain Rode Nicolas Picard, Pierre-YvesTouzotRoberta Sapino,Joachim Zemmour Fabiola Obamé Abeline Léal et bien d’autres.

 Pour le lire, rendez-vous sur Crossways en cliquant ici.

La rue ou le temps d’un sourire retrouvé.

Par Athane Adrahane

le sourire de Nube

Salut ! Çà va ? Vous avez deux minutes?

Non? Pas le temps? Pas de souci …

Bonjour chez nous !

Dans les rues, il y avait le démon du temps,

ce temps qui échappe à tous comme un vent

qui t’emporte si tu ne t’ancres pas

qui te rend plus fort si tu en conjures le mauvais sort.

Pour emploi et sourire garder, j’appris à me centrer.

Oui, comme cela : mon corps au nord, mon cœur au sud.

Ma conscience en passeur. Mon pas sœur de celles dont on viole les rêves.

Mon pas frère de ceux dont on accapare les terres.

Mon adhésion au sol, au solidaire comme étoile polaire.

D’un sourire, arrêter le temps ?

Tu y crois, toi ?

D’un solaire « bonjour » stopper le cours des corps chronométrés pour parler humanité, pauvreté, HIV, ONG, faim dans le monde, violence faite aux femmes, sécurité sociale, TTIP, changement climatique, souveraineté alimentaire, Syrie, paysans sans terre, migrant, évasion fiscale, don, dictature Continue reading

« Echoes of distant voices » de Kangling

Par Athane Adrahane

Kangling pochette

 

L’album « Echoes of distant voices » du trio belge soul-rock nommé Kangling fait partie de ces œuvres musicales que l’on aime à emmener avec soi afin de sonariser les alentours et prêter oreilles aux voix qui font retours.

La poétique de Kangling décoche de nombreuses questions. Où se situent les sources qui font sourdre les souffles ? De quoi s’est-on éloigné, séparé? Qu’est-ce qui ne fait plus sens ? L’amour s’en est peut-être allé, mais par quel déni, quelle négligence ? De quelles natures sont ces voix qui hantent et que nous n’atteignons plus ou alors par bribes à la grâce de ces fissurations temporelles venant stopper le rond rond usuel pour laisser place à la nuit de toutes les introspections ?

En guise de réponses: pas de verbeuses sagesses désincarnées, mais un parcours des Continue reading

De Corpore de Charley Case. De l’animation des lignes de soin.

Par Athane Adrahane

De corpore

Il y a comme cela des expositions qui vous suivent, vous avez beau leur intimer de rester dans le passé afin de tranquillement vaquer à vos occupations du présent, elles insistent. Il en est ainsi de De Corpore de Charley Case. C’est comme si le lieu où elle incrusta décor avait gardé nos empruntes ou plutôt qu’elle nous avait empruntés le temps de faire de nos corps tant l’accueil des cris des pestiférés que l’accueil de ces gestes qui soignent, et ce afin que les exilés du monde ne s’oublient pas. C’est que ce lieu est celui d’un ancien couvent où les Soeurs Noires offrirent hospitalité aux êtres touchés par la peste qui sévit à Mons en 1515 et dont certaines iront jusqu’à accompagner les souffrants aux pays des morts. Ainsi nous renseignent quelques écriteaux et l’aimable guide qui disparait ensuite pour nous laisser entre les mains et bouches piaillantes d’enfants dits « anthropophages ». La tonalité est donc donnée, ainsi incorporés dans la poétique de l’enfance nous acceptons en Continue reading

Il est des rêves de montagne où s’animent les souffles qui racontent…

Il est des rêves de montagne…où s’animent les souffles qui racontent.

Ce qu’ils disent, ils le disent à la grâce du vent, des rivières, de la
terre gorgée de soleil lorsque veillent la lune et les étoiles.

Il est des arbres dont les fruits prennent le temps de naître parce que…
racines et branches ne peuvent qu’acheminer la sève créatrice avec le tempo
du coeur.

« Oréade » est un poème visuel et musical sculpté avec la passion et la
patience des artisans.

Merci donc à toi, à vous, à ceux qui prendront le temps de ce regard, de
cette écoute ainsi qu’a ceux qui en prolongeront l’écho…

Amicalement,

Athane Adrahane

 

Il est des jours étranges. Par Athane Adrahane.

serpent à plume © A.Adrahane/G.Sens Detere

Il est des jours étranges
où fleure un air de naissance
où les démons côtoient les anges
où l’on se sent naître papillon,
musique des grands fonds
orage de dragon.

Il est des jours étranges
où le corps se fait guerrier,
terre de femme-brasier
à l’incandescence de volcan
aux sortilèges de serpent. Continue reading

Ollin, spectacle éco-cosmico.

Par Athane Adrahane

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                                                                                ©Athane Adrahane 

Pour le solstice d’été, la compagnie Achtli nous invita à participer à « un spectacle du nouveau cycle » où s’articulent écologie de l’imaginaire, écologie urbaine et sociale. Après digestion et maturation, voici l’expérience transformée en quelques mots. Le « nouveau » de ce style de spectacle tient dans l’épanouissement d’une conscience écologique, c’est-à-dire d’une conscience non-séparée où s’efforcent de communiquer la matière et l’esprit, l’homme et ses environnements. Ainsi se tinrent co-présents reliefs et architectures Bruxelloises, forces de la terre du Mexique, habitants du quartier des marolles, danse de la Terre-Mère, potager urbain, artisans du vermicompost, théâtre des rues, musique, marionnette, clown, messager des quartiers durables mais aussi dimensions du visible et de l’invisible, de la vie et de la mort, réflexions humoristiques Continue reading

La constellation des anges de Patshiva à La Marlagne.

Par Athane Adrahane

 

patshiva le chaos des anges © guillaume sens deterre1

     © Guillaume Sens Deterre

Le 5 avril 2013, au centre culturel la Marlagne à Wépion, avec le spectacle « Là où règne le chaos des anges » de Patshiva Cie, on assista enfin aux premiers battements d’ailes du printemps : floraison de voix, jaillissement de joie, éclosion de corps en fêtes, éruption de vocalises aux accents tendrement sauvages, rivières d’émotions profondes, bouffées d’amours solaires à même nos sens engourdis par les dernières glaces de l’hivers. Ce choeur d’une trentaine de personnes, à travers chants polyphoniques et danses traditionnelles, rituelles,contemporaines (Balkans, afro-cubains, haïtien,géorgiens, hongrois, maori, liturgie juive,…) dirigé par Dounia Depoorter et chorégraphié par Fatou Traoré, en alliant la diversité des souffles dans un battement commun parvint avec beauté et subtilité à basculer le tempo grisaillant du quotidien en un temps coloré de magie et de fête où purent, dans un espace consacré, se métamorphoser en toute liberté les coeurs et les âmes. Continue reading

Entre chienne et louve. Bal Vespéral.

 

Par Athane Adrahane (2012)

Ptit  loup©Athane Adrahane

 

                                                                          À Véronique Bergen

Le village était maintenant à dimension lilliputienne. L’humain, ici, ne faisait plus loi. Le chant du sauvage, la musique du non-maîtrisé, avaient gagné nos cœurs. Nous avancions, toi et moi, entre chienne et louve jusqu’au « pic où se libèrent les doubles » comme le fabulaient les anciennes légendes. Là, parmi les scories et sculptures de basalte à têtes de tigres, dragons et autres divinités aztèques ou grecques, nous avançâmes silencieuses comme la fin du jour. La pente se faisait plus raide et les cigales moins nombreuses. Le vent chaud caressait nos peaux maquillées de sueurs, noircies de cendres, toi, chienne solitaire, moi, louve loin de ma meute. Nous ne nous regardâmes que peu. Nous nous sentions à distance, comme toujours, du dedans. Nous savions que ce soir nous déferions le pacte qui confondait nos âmes. Le rouge de l’astre sacré peignait au loin la petite montagne née de notre dernière éruption. Tout était encore clair et distinct en cette époque: de la confluence de nos terres, de la collision de nos êtres, une cordillère solaire, une chaîne de liberté étaient à enfanter. À l’arrachée de nos souffles, la montagne enseigna à nos corps l’art salutaire de la marche à quatre pattes. Le basalte sculpté racontait ici la chute de Tenochtitlan, là celui de l’histoire de l’arbre qu’avait couché la tempête et qui tel l’astre qui se sait en voie d’extinction brilla de mille et un fruits avant de confier son corps à l’ange du vent. Nous écoutions les récits venus des entrailles de la terre. Je te sentais sourire, tu me savais rugir. Nous avions construit un monde à la chevauché du tracé de nos vies, toi, chienne affranchie et moi louve que n’électrisaient que les tambours de la terre, les Continue reading