« Echoes of distant voices » de Kangling

Par Athane Adrahane

Kangling pochette

 

L’album « Echoes of distant voices » du trio belge soul-rock nommé Kangling fait partie de ces œuvres musicales que l’on aime à emmener avec soi afin de sonariser les alentours et prêter oreilles aux voix qui font retours.

La poétique de Kangling décoche de nombreuses questions. Où se situent les sources qui font sourdre les souffles ? De quoi s’est-on éloigné, séparé? Qu’est-ce qui ne fait plus sens ? L’amour s’en est peut-être allé, mais par quel déni, quelle négligence ? De quelles natures sont ces voix qui hantent et que nous n’atteignons plus ou alors par bribes à la grâce de ces fissurations temporelles venant stopper le rond rond usuel pour laisser place à la nuit de toutes les introspections ?

En guise de réponses: pas de verbeuses sagesses désincarnées, mais un parcours des sens à même le nu des paysages émotionnels.

C’est que l’univers sonore de Kangling ne nous épargne pas l’état des lieux de nos intimités, le face à face avec un monde qui s’effondre.

 

En noctambules alors, accompagnés par la lanterne vocale d’Axel Gilain, nous osons écouter l’obscur, habiter les mystérieuses failles de notre édifice existentiel. Petits humains, perdus, à nu, nous cheminons à travers bois, au fil du trajet de la rivière, aimantés par la mer et ses percées de lumières salutaires.

 

« Give me the sea. It’s my guide, my key »

 

Avec ses vastes respirations sonores qui apaisent et ses rythmes qui envoûtent, la musique de Kangling parvient à dilater le temps. Et ceci fait partie de sa médecine. Par là, Kangling rappelle aux créatures mortelles que : le temps qu’il nous reste sur terre est plus précieux que l’or !

 

Pour l’alchimiste qui saura créer ce temps de l’écoute, il se peut qu’apparaissent si lointaines, si proches, ces voix du dedans et du dehors, ces cris et ces pleurs que nous insonorisons, voix d’ombres, d’arbres ou de rivières, voix de ce qui s’en est allé et laisse néanmoins  sa durable empreinte, voix en rappel de ce qui fait rire et groover nos existences, voix aux sources de l’incarnation d’une autre humanité.

 

« Crawl down to the river, memories and wishes. Wash my pain, wash my anger. Make it become all my riches » Axel Gilain

 

in a warm place Kangling

 

Echoes of distant voices /RagtimeProduction/2016

www.kanglingmusic.com

Pour aider à produire leur nouveau clip: https://www.kisskissbankbank.com/kangling-music-video

 

Photos : album cover by Marie Sordat

live at Studio Grez by Athane Adrahane

 

 

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