La philosophie, une création à contre courant

Athane Adrahane (2006)

« Pourquoi philosopher ? Le sens de l’acte philosophique en question »

Colloque de philosophie, Université Catholique de Louvain La Neuve, 11 et 12 mai 2006

Comme souhaité par les initiateurs de ce colloque, je tenterai d’articuler mon exposé en gravitant non seulement autour des 3 axes déterminés, à savoir : 1° Quel sens cela a- t’il d’étudier la philosophie ? 2° Quel sens cela a-t-il d’exercer la philosophie (d’être philosophe) ? 3° Pourquoi vouloir conserver et perpétuer la pratique de la philosophie ? Mais aussi du thème générique de ce colloque « La philosophie est-elle quête de sens ? Pourquoi philosopher ? Le sens de l’acte philosophique en question ».

Le chemin de la pensée n’étant pour moi pas exclusivement cette randonnée balisée nous conduisant à la mise en lumière de notre identité mais aussi bien cette expédition pleine de trous, de failles, de détours et de labyrinthes qui nous métamorphose à l’infini, voyez dans le désaxage constant que j’infligerai à la question, la façon en acte dont ma pensée procède. Donc voilà, je vais émettre des pistes, des voix, des flèches de pensées. Non pas une définition de la philosophie mais les sens que ce mot a pris au travers de mon expérience. Non pas « La » vérité à laquelle « il faut » se conformer mais des ponts, des artères, que l’on peut ou non traverser afin de nous porter ailleurs dans notre questionnement.

Il y a autant d’images, de sens et de directions à la philosophie qu’il n’y a de singularités ou de philosophes qui touchent à ce mot. Quel philosophe incarne-t-on ? Chacun a sa façon de voir la philosophie. Chacun l’éclaire de son propre feu créateur. Multiples seront alors les histoires de la philosophie projetées dans les dédales caverneux de la Continue reading

Cavalcades à la frontière du langage, avec “Kaspar Hauser ou la phrase préférée du vent” de Véronique Bergen

par Athane Adrahane (2006)
Kaspar Hauser ou la phrase préférée du vent. Véronique Bergen

Voix d’un lecteur

Pourquoi l’enfant- volcan, chanté Athane Adrahane, se fissure-t-il en petites rivières de larmes quand traverse sa nuit la voix de Kaspar dans les petites phrases de Véronique ?

Pourquoi ne sombre-t-il pas alors dans le fleuve de tristesse que devrait générer le regard lucide des terres de l’enfance posé sur l’étendue de la barbarie des hommes ?

Pourquoi l’enfant-volcan, chanté Athane Adrahane, sourit-il alors aux anges quand traverse sa nuit la voix de Véronique dans les petites phrases de Kaspar ?

Parce qu’il est un lieu où les mots sont plus que des maux, ils se font chant, ils se font musique. Ils ne sont plus ces actes terroristes qui assassinent le feu magique de l’enfance mais ces ailes qui délicatement vous touchent et vous envolent pour des terres plus belles et plus intenses que celles que les mots menteurs des adultes ne pourront jamais nous dépeindre.

Parce qu’il est un lieu où à force de penser la blessure l’on se met à la panser.

Les livres de Véronique Bergen figurent parmi ces terres encore sauvages où les larmes se font vivifiantes rivières irriguant les terres des gorges les plus asséchées. En ces endroits où les rumeurs se font vents ensemençant les chants les plus désespérés, alors, à la grâce de je ne sais quelle lumière, l’on voit croître les mots qui sauvent. Continue reading