par Athane Adrahane (2007)
Bonsoir à tous,
Je voudrais d’abord remercier le centre culturel Omar Khayam (1), pour cette invitation, fruit d’une rencontre qui s’est d’abord opérée avec l’univers livresque de « La conscience magique ». Ce qui anime votre travail rencontre par certains axes le mien. Vous, comme moi, cherchez à créer un espace/temps où les valeurs et les différences puissent coexister, un monde où le rapport à autrui ne se vit pas exclusivement sous le mythe de la colonisation à sens unique, une domination de droit d’une culture par une autre, d’une classe par une autre, d’un règne par un autre. Un univers où « l’autre », quelle que soit sa couleur ou sa langue, puisse valoriser sa singularité, son mode de rencontre au monde sans craindre que parce que ce mode n’est pas semblable à celui du voisin, celui-ci n’ait pas droit d’expression. De ce monde à créer, vous en parlez dans les termes « d’espace de l’entre-deux » et là encore, il y a rencontre entre nous, tant dans l’esprit que dans le concept, puisque l’entre-deux est un concept clef de « La conscience magique ».
Où se trouve cet espace/temps de l’entre-deux ? Je crains qu’il n’y ait pas de carte toute faite qui nous conduirait à ce précieux trésor, à cette terre originale (original au double sens du terme, d’une part « qui existe dès l’origine », et d’autre part nouveau, singulier, inédit) car d’une part cet espace n’existe qu’en le créant et d’autre part cette terre originale ne cesse de nous devancer, de nous précéder. Cela existe, mais sur un autre plan de conscience comme les mirages d’oasis qui s’enfantent à l’arrachée de longues traversées de désert.
Cet entre-deux est un antre à la géographie mouvante, aux frontières fluctuantes. Dans cet endroit ou plutôt cet envers d’un monde actuel où dominent les malentendus, les Continue reading
